Le SALLERON
Exposé des problèmes du Salleron
Le Salleron fut autrefois une rivière luxuriante bien peuplée de poissons et ses berges étaient habitées par de nombreuses espèces d'animaux. Parmi ces animaux considérés aujourd'hui en voie de disparition citons la lamproie de planer, la cistude et la loutre.
Autrefois, pour que les troupeaux de bovins qui séjournaient dans les prés riverains puissent s'abreuver durant la période sèche de l'été, les paysans entretenaient des sections de la rivière en retirant le sable qui s'y accumulait. Grâce à cette intervention de nombreuses et grandes portions de la rivière restaient avec des étendues d'eau stagnante qui maintenaient une riche vie animale et végétale. Le Salleron était alors peuplé de poissons qui supportent le réchauffement de l'eau. On y trouvait de grandes populations de vairons, des goujons et des chevesnes. Il y avait aussi beaucoup de vandoises, des gardons et des carpes. En plus petite quantité on trouvait des carnassiers comme la perche et le brochet.
Les premières nuisances ont été causées par l'installation de nombreuses familles de ragondins qui ont creusé leurs nids le long des berges, fragilisant celles-ci qui durant les saisons pluvieuses subirent une érosion accentuée du courant qui s'y engouffrait. L'écroulement des berges entraînait des arbres et l'ensemble encombrait le lit de la rivière. Le sable qui s'accumula alors derrière ces obstacles a fait remonter le lit de la rivière en remplissant les fonds. Ce problème s'est aggravé avec certaines essences d'arbres atteintes de maladies et qui sont mortes et se sont parfois effondrées dans la rivière. Cela s'est produit principalement avec les ormes et les vergnes. Il y a une vingtaine d'année des travaux ont été entrepris pour retirer toutes ces accumulations d'arbres écroulés dans le lit de la rivière et les berges ont été très dégagées par des abattages. Ces travaux avaient été mal pensés et les conséquences ont été désastreuses. Si l'écoulement du ruisseau fut nettement amélioré durant les saisons humides, en été l'eau ne s'est plus maintenue par manque de retenues et de fonds. Conjointement le dégagement des berges a accentué l'ensoleillement et l'évaporation.
La troisième cause responsable de l'assèchement du Salleron en période estivale est la création, souvent illicite, de très nombreux étangs dans sa vallée. Dans sa partie supérieure le Salleron est désormais une rivière asséchée en été, où la vie aquatique a complètement disparu.
Le Salleron et la vallée du Salleron
Le bassin supérieur du Salleron
La rivière Le Salleron prend sa source dans la commune d'Azat-le-Ris (87-Haute-Vienne), dans l'étang du Douhet à une altitude de 221 m. Dans son premier kilomètre le Salleron est rejoint par des ruisselets qui prennent naissance dans les mares et dans les étangs des terres environnantes: Sauzet, Le Pin, La Rivaille, Les Houllières, les Trétoux, et La Lucasserie. A deux kilomètres de sa source le Salleron se transforme en étang à cause de la retenue du château du Rischauveron . Le Salleron coule ensuite à mi-distance entre le grand étang du Rischauveron et l'étang des Planchettes qui parfois l'alimentent de leurs trop-pleins. (Carte-1).
Il s'engage ensuite entre les fermes du Theil et de La Rocherie où sur quatre kilomètres environ il délimite les départements de la Vienne (Poitou) et de la Haute-Vienne (Limousin) . La rive droite, limousine, se compose alors des terres des domaines et des hameaux du Chiron, de La Courandière, du Geneteix et la rive gauche, poitevine, longe les terres de la ferme de la Vergne et du hameau de La Betouille.
Le Salleron s'engage ensuite pleinement dans le département de la Vienne à partir de la rencontre de son affluent le ruisseau des Equilandes (entre les hameaux de La Betouille et du Monteil). A partir de cet endroit il sépare les terres de la commune de Lathus sur la rive gauche (le Monteil) de celles de la commune de Bourg-Archambault sur la rive droite.. (Carte-2).
A partir du domaine de Richefort le Salleron traverse la commune de Bourg-Archambault avec sur sa rive gauche Champs , la Gibertière, l'Epine, le Breuil, le Montignon, la Foussadière, Flamagne et sur sa rive droite les Grandes Rochettes, Marin, la Vallée Basse, le Chilloux, la Machère, la Coindrie, la Métairie, la Borderie, et la Tuilerie de Chanteloube (Carte-3). C'est en dessous de la Tuilerie de Chanteloube que le Salleron quitte la commune de Bourg-Archambault pour entrer dans la commune de Saint-Léomer. (Carte-4)
Le cours inférieur du Salleron
Passé Saint-Léomer le Salleron s'écoule doucement entre Journet et La Trimouille, puis près de l'abbaye de Villesalem, pour longer Béthines et traverser Vrassac où il délaisse le département de la Vienne pour entrer dans le département de l'Indre (36).
Le parcours du Salleron dans l'Indre est court, à peu près 2,6 kilomètres, et il se jette dans la rivière de l'Anglin entre Concrémiers et Ingrandes (Carte-5). Le cours du Salleron se termine donc dans la partie sud du parc naturel de la région de la Brenne après avoir fréquenté trois départements (Haute-Vienne, Vienne, Indre) et trois région (Limousin, Poitou, Berry). La longueur du Salleron est d'environ 45 km.
Le Sallleron en bas des hameaux de Richefort (Bourg-Archambault) et du Monteil (Lathus-Saint-Rémy)
Proposition d'un projet de réhabilitation du Salleron
et classement de sa vallée en réserve Natura 2000
Objectifs:
Redonner vie au Salleron en réalisant différentes opérations qui permettront de maintenir des réserves d'eau suffisantes pour permettre à la vie animale présente autrefois de s'y installer à nouveau.
Entretenir et protéger les berges du Salleron pour limiter leur érosion et maintenir une végétation équilibrée.
Empêcher toutes nuisances à la qualité de l'eau, à la végétation de ses berges et à la vie animale.
Chantier:
Etude topologique de la rivière pour déterminer quels sont les sections pour lesquelles des travaux permettant de créer des réserves d'eau en toutes saisons peuvent être réalisés.
Définir les méthodes à mettre en œuvre pour effectuer les désensablements nécessaires.
Définir le type de retenues qui seront réalisées
Définir l'emplacement et les moyens à utiliser pour limiter l'effet du courant entraînant une érosion trop importante des berges.
Etudier comment seront réintroduites les populations de poissons.
Déclarer réserve naturelle le Salleron et les terres riveraines immédiates (projet NATURA 2000)
Créer un "observatoire" des évolutions de la vie du Salleron.
Intervenants:
L'ensemble des parties concernées par des activités autour de la rivière devrait être mobilisé sur ce projet:
Conseil municipaux des communes traversées par la rivière ou riveraines. Associations de pêche et leurs fédérations Associations de chasses locales Exploitants agricoles, éleveurs travaillant sur des terres riveraines dont l'écoulement des eaux se jette dans la rivière Ferme pédagogique du Peux et Centre de plein air de La Voulzie Classes supérieures des écoles primaires locales Associations locales oeuvrant pour la protection de la nature et de l'environnement Office régional des eaux et forêts Direction Régionale de l'Environnement
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Ce projet présente un intérêt pédagogique particulièrement intéressant pour être conduit, suivi et partiellement réalisé en collaboration avec les écoles locales et des stagiaires du Centre de plein air de La Voulzie. Différents domaines scientifiques sont en effet abordés et l'implication de la jeunesse dans ce type de projet, au-delà des connaissances qu'il apporte, la responsabiliserait quant à son comportement avec la nature et l'environnement.
A l'initiative de ce projet, l'APEP de La Betouille aimerait que le chantier se réalise d'abord dans la partie actuellement la plus asséchée du Salleron, c'est à dire de sa source, à Le Douhet d'Azat-le-Ris, jusqu'à Bourg-Archambault.
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