Le Drame du Moulin de la Vallée : une histoire à ne pas oublier

Plongez au cœur d'un événement historique marquant. Cet article a pour vocation de transmettre une mémoire, celle d'un drame qui s'est déroulé au Moulin de la Vallée, et de souligner l'importance de ne jamais l'oublier. Prenez conscience de notre histoire, dans toute sa complexité, pour mieux comprendre notre présent.

Un beau dimanche de rencontres

Les 25 et 26 Avril 2026 c’était « cita’livres » au Château d’Oléron à l’espace de la Citadelle. J’y suis allé Dimanche et j’ai eu le plaisir d’y faire de belles rencontres.

Tout d’abord avec Jacques-Edmond Machefert auteur de romans dont les faits ont lieu dans notre coin de Charente-Maritime. J-E Machefert était loin d’être un inconnu pour moi, nous avons connu des années de militantisme dans la sphère du Radicalisme historique, au sein du même parti. C’est donc avec facilité que je l’ai approché et que nous avons pu échanger quelques souvenirs et évoquer nos relations communes avec des amis. Nous nous sommes tous les deux éloignés du militantisme pour les mêmes raisons. Nous n’avons pas la niaque acharnée nécessaire pour réussir dans les affrontements qui permettent d’accéder aux plus hautes responsabilités politiques, nous avons pas cette obligation de férocité ! Notre vie n’en est que plus douce et moins tourmentée. Je l’ai quitté en acquérant un des ses derniers roman qui se déroule autour du festival « un violon sur le sable » à Royan. Un festival de musique classique très apprécié qui est gratuit et se tient sur la grande plage.

Ensuite mon parcours m’a mené au stand de Maguy Gallet Villechange qui pour moi était une inconnue. Ses ouvrages exposés étaient très divers. Son best-seller traitant de dialogues imaginaires entre Rosa Bonheur et Georges Sand, deux femmes de forts caractères qui sortaient des frontières sociales de leur époque. Et puis il y avait ce livre dont le titre m’a intrigué me rappelant un fait historique dramatique. Madame Gallet Villechange s’adressa à moi au vu de mon interrogation et me demanda « Connaissez-vous Bourg-Archambault ? » je lui répondis « C’est là où je suis né ! ».

Ce livre dont le titre est « le Moulin de la Folie » relate un évènement tragique qui très longtemps fut occulté et tue par les habitants qui en avaient connaissance. Des maquisards conduits par deux frères originaires de la Haute-Vienne qui encadraient un groupe de russes et de mongols déserteurs de la werhmacht. Les Frères Sandarlz (Albert et Jean) qui s'étaient attribué le grade de Capitaine. Au départ reconnus comme résistants FTP mais vite devenus profiteurs, exploiteurs, voleurs, racketteurs, escrocs et criminels assassinant  vingt-quatre individus les accusant sans preuves de collaboration avec l’occupant allemand. Crimes commis au lieu-dit le moulin de la Vallée de Bourg-Archambault. Le lieu du drame se situe en dessous de la maison de la Vallée-d’en-bas, on y accède par un chemin creux qui mène au ruisseau. Parmi ces victimes kidnappées et conduites en ce lieu il y a des habitants, artisans, cultivateurs, notables ...  de Saint-Sulpice-les-Feuilles et de Le Dorat (87). De Saint-Sulpice-les-Feuilles il y avait le garagiste accusé d'avoir réparé des véhicules des allemands? Il y avait aussi sa fille âgée de vingt-ans, Pierre et Jeanine Morgat.  Une stèle longtemps laissée à l’abandon, souvent vandalisée dans le passé, existe en ce lieu au bord du ruisseau le Salleron. Stèle réhabilitée où se déroule désormais une commémoration annuelle grâce à la volonté du Maire Bernard Richefort. Site où je me suis parfois posé devant  la stèle pour méditer et réfléchir sur ce passé chargé de crimes de ce genre à la fin de la guerre quand le régime vichyste en place était chancelant, au bord de sa chut. Quand la résistance reprenait les terres conquises par les nazis chassant les troupes du Reich qui remontaient vers la Normandie pour faire face au débarquement. Parallèlement des faux-résistants profitaient de la situation pour spoiler, voler des innocents injustement accusés, dénoncés de connivences avec la collaboration. 

J’ai souvent tenté de savoir plus que ce que je connaissais de ce drame. Face à moi c’était une forme d’omerta, une volonté de taire cet horrible évènement et de l’enfouir aux oubliettes. En ce même lieu du moulin de La Vallée des exécutions sommaires avaient été faites par le maquis Cram. Jamais les dépouilles des victimes n'ont été retrouvées. Jamais le lieu d'enfouissement n'a été révélé par un témoin survivant. Le souvenir de ces horribles exécutions sommaires donne à ce lieu du Moulin de La Vallée un caractère lugubre et troublant. Un ressenti de tristesse désarmant. Et pourtant c'est tout près de là dans le bas du hameau de Richefort que j'ai pris une de mes plus belles photographies: ce ruisseau du Salleron avec sur ses deux rives ses arbres aux feuillages magnifiques d'un très bel automne. Le premier prix de la photographie de paysage de Poitou-Charentes me fut attribué par le Conseil Régional !  

 

 

A Bourg-Archambault, il y eut cet autre évènement dans les années 60 que fut l'apparition de la Sainte-Vierge devant une jeune fille Martin qui lui fit des révélations dramatiques concernant sa proche famille qui se confirmèrent ensuite. D'abord avec le décès de sa tante atteinte d'un cancer qui fut des révélations, suivi d'autres décès nombreux. Jusqu'à cet atroce drame de l'accident mortel d'un mari d'une cousine happé par une botteleuse.  Des pèlerinages avaient été  organisés en car à Lourdes avec des habitants locaux accompagnés par l'Abbé Reix (dit Tinitin). Ces faits sont également cachés au fond des souvenirs des personnes qui les ont connus et qui ne veulent plus les évoqués. 

J’ai bien sûr fait l’acquisition de cet ouvrage "Le Moulin de la Folie" (Itinéraires Editions) et je suis très reconnaissant envers madame Maguy Gallet Villechange d'avoir réussi à abattre le mur de la honte qui cachait ce dramatique évènement dont nous avons le devoir de mémoire.

 

De ce moulin de La Vallée, il ne reste presque rien. des ruines de murs envahis de lierre. Seul le détournement du ruisseau qui faisait le déversoir indique qu'il y avait un moulin. Il est difficile d'imaginer que le moulin disparu fonctionnait et qu'en sortaient des farines. Aujourd'hui le débit du Salleron est trop peu important, il est quasiment à sec en été. Le réchauffement climatique n'est pas l'explication ni la cause. Les aménagements souvent non-déclarés de nombreux étangs de loisirs (pêche et chasse) en sont les essentiels responsables. C'est un dossier que j'ai étudié et développé.  Il est en ligne sur ce blog, vous le trouverez dans la note 'Réhabilitation de Salleron".

Bourg-Archambault : le roman vrai d'une tragédie

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